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Nos chroniques

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Je blogue, tu blogues, il blogue, nous chroniquons.



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EXPRESSION LIBRE 2016

L’exposition ‘’Expression libre’’ pour sa quatrième édition se tiendra cette année du 5 au 11juillet de 10h00 à 19h00 toujours à la Galerie 43 au 43, rue Vandrezanne à Paris 13°. Je serai heureux de vous accueillir afin de vous faire découvrir le travail de 5 photographes au travers une quarantaine d’images présentées à cette occasion. Le vernissage de cette exposition aura lieu le mardi 5 juillet à partir de 19h00 (merci de réserver par mail en indiquant le nombre de personnes). Au plaisir de vous voir, Patrick Frontezak


EXPOSITION "EN VOL Étranges similitudes"

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Voyage photos en Aubrac

Qu’est ce qu’un photographe professionnel ? C’est une personne qui vend ses photos et récolte assez d’argent pour vivre et éventuellement faire vivre sa famille. Rien d’extraordinaire donc, c’est un métier comme tous les autres. Les clients des photographes professionnels sont essentiellement la presse. Les éditeurs de magazines, de journaux de tous ordres et de toutes spécialités ont besoin d’images pour illustrer leurs articles. Seulement voila, la presse est en crise. L’information immédiate de la photo électronique supplante et de très loin la belle et splendide image amoureusement cadrée et savamment restituée sur papier glacé. Ajouter à cela les milliers d’images qui trainent sur le Net et celles des amateurs prêts à donner leurs fichiers, pour le temps d’une publication, « jouer au pro », et vous comprendrez aisément la chute du prix de la photo. Le magazine « Nat’images » du groupe « Photim (Chasseurs d’images ) paye 70 € la page textes et photos…. La banque de données images Fotolia reçoit plus de 1000 images par jour qu’elle rétribue à l’auteur (si les images sont vendues) 0,25€ par photo. La conclusion de ce long exposé est que le métier de Photographe Professionnel est sinistré.

Qu’est ce qu’un amateur photographe ? C’est généralement un retraité aisé. Son sac à dos est lourd en poids et « en Euros ». Son matériel qu’il couve avec attention est généralement plus récent que celui à l’identique du professionnel. Il connait tous les réglages de son appareil qu’il utilise approximativement « car de toutes façons tout se rectifie en numérique » …

Qu’est ce que l’Aubrac ? C’est la même chose que l’Irlande mais on parle Français et on mange de l’aligot.

Qu’est ce qu’un voyage photos en Aubrac ? C’est un peu la rencontre de ces deux mondes. Le matériel est identique, nous l’avons vu, alors où se situe la différence dans les résultats ? Dans les réglages justement et leur interprétation :

- L’histogramme n’est pas complètement centré mais regarde, l’image est sombre et c’est cette impression que tu veux rendre, alors accepte que ton histogramme soit tassé – et puis regarde ce cadrage, il y a un bout d’arbre qui gène la pureté de l’image, reprend ta photo en serrant un peu. De toute façon une bonne image « nature » se construit à la prise de vue ! C’est ce dernier point qui m’a le plus impressionné. Comment Vincent et Jean Michel savent « découper » dans un paysage somme toute banal le cadre qui va en faire une image intéressante et cerise sur le gâteau attendre le moment où la lumière va colorer cette sélection. Et cela n’oblitère pas les connaissances techniques. Pendant que les amateurs, férus de « dpreview » et autres Chasseur-D’images, redoutables coupeur de pixels en quatre passent leur temps à comparer la largeur de l’aberration chromatique de leurs objectifs, les professionnels voient et agissent. Je me souviens d’un matin ordinaire. Il y avait à l’horizon un petit filet de lumière rose qui mourait sur le bord d’une maisonnette. C’était très loin, ridiculement petit dans l’immensité matinale et tout à fait insignifiante. J’ai brusquement vu Vincent monter un télé de 200, f 2,8 sur son boitier, soutenir l’ensemble sur son coude plié et déclencher. Avec un sourire satisfait il m’a montré l’image. La maisonnette ridicule occupait le quart gauche de l’image, la trainée rosée séparait le sol noir du ciel gris-bleu, c’était splendide. J’ai voulu faire la même chose mais mon télé de réel amateur n’ouvrait qu’à f 5,6 et dans ces faibles conditions de luminosité, l’AF n’a pas accroché. De toutes façons 2 secondes plus tard le soleil s’était levé et la maisonnette n’était redevenue qu’une cabane de berger sans intérêt ?

Jean-Michel m’a aussi laissé une forte impression. Un matin, après avoir fait la photo pour laquelle nous étions venus, Jean Michel remarque deux rochers qui fument. Pourquoi deux rochers perdus dans une campagne humide fumeraient-ils ? C’est simple précise t’il. Bien exposés au soleil levant, les rochers noirs absorbent de la chaleur. Celle-ci chauffe la couche de rosée matinale qui en se diluant dans l’atmosphère, crée cette brume fantasmagorique. Mais même ainsi expliqué, l’image n’est pas excitante.

- Mets toi sur le côté me suggère t-il, voit cette ligne d’arbres clairs finement découpés par le soleil matinal - Oui mais ils sont devant d’autres arbres vert sombre qui vont prendre trop d’importance - Non parce que tu vas sous-exposer de 2/3 de diaph, ainsi tes arbres verts qui te mangent l’image vont se foncer et ta ligne d’arbres clairs se détachera d’autant mieux. Rappelles-toi, une bonne image nature se construit à la prise de vue.

Il en a résulté une image digne des matins de la forêt de Brocéliande. Les arbres aux formes diaphanes se découpaient bien en évidence sur un arrière plan sombre et se baignaient dans une brume laiteuse rejetée par les masses noires des rochers promus un moment au rôle de chaudrons du diable. Trois secondes plus tard l’enchantement avait disparu.

Les belles images de paysage se font le matin au lever du soleil, tout le monde sait cela. Encore faut-il les préparer. Cela s’est fait un soir avec carte IGN, table des levers de soleil et boussole. Jean-Michel et Vincent ont scruté les courbes de niveau, les routes carrossables et les sentiers pour avoir une idée du décor et de son accessibilité. Le temps était maussade, nous l’avons mis à profit pour faire un repérage. Traduit en vrai sur le terrain nous avons visualisé les points repérés sur la carte. Les « spots » ainsi identifiés nous y sommes revenus le lendemain au lever du soleil. Un ‘spot’ s’est avéré positif, l’autre décevant. Hé oui ! La photo aussi n’est pas une science exacte. La conclusion de cette analyse n’est pas originale. Dans l’histoire des hommes il y a toujours eu ceux qui avaient la connaissance et les autres. On appelait les premiers des « sages » et on respectait leur savoir. Dans notre monde technologique actuel où le marketing est roi, on veut nous faire croire que « numérique » rime avec « magique » et même que « talent » se conjugue avec « carte bleu ». Ce stage m’a rapproché de deux mots plus valorisants : « Le métier », qui sous-entend apprentissage, connaissances et expériences et « l’artisan » qui est son corolaire avec une prédominance du travail bien fait qui dans notre cas se sublime dans la beauté des images.

Merci Vincent et Jean Michel. J’aurais grand plaisir à rejouer une aventure photographique avec vous.

Jean Pierre Brindeau


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